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17 décembre 2014

Commentaires

De grands compliments pour votre article sur P.-J. Toulet. Il contribuera, je l'espère, à augmenter le cercle des happy few qui le connaissent et le mettent très haut. J'avais fait plusieurs tentatives de le lire, sans succès, et puis un jour la lumière est venue et je le lis et relis en boucle, en prenant garde de ne pas l'user, comme cela peut arriver. Ce qui est extraordinaire avec lui c'est de pouvoir le reconnaitre instantanément au milieu de la prose boulevardière de Willy, dans les romans "bien parisiens" que produisaient l'usine. Certains passages s'éclairent brusquement : c'est Mozart à travers les flons flons de l'harmonie municipale...
Je reprenais ce matin les Vers inédits publiés par Martineau, où celui-ci regrettait parfois que certains n'aient pas été inclus par T. dans les Contrerimes. L'un et l'autre avaient raison. Les Contrerimes sont parfaites et les Vers inédits pleins de petits trésors...et je préfère Monsieur Du Paur à Stendhal !

j'ai passé un bon moment et j'ai appris une foule de choses sur Toulet, par exemple la Marguerite d'Alger.

Toulet est un géant pour moi, et je me récite souvent, ces 2 vers splendides :
Et l’arme du chasseur, avec un faible son,
Perce la brume, au loin, de soleil imprégnée.

Comment ne pas être bouleversé par le génial tremble est blanc:

Le temps irrévocable a fui. L'heure s'achève.
Mais toi, quand tu reviens, et traverses mon rêve,
Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève,
Tes yeux plus clairs.

A travers le passé ma mémoire t'embrasse.
Te voici. Tu descends en courant la terrasse
Odorante, et tes faibles pas s'embarrassent
Parmi les fleurs.

Par un après-midi de l'automne, au mirage
De ce tremble inconstant que varient les nuages,
Ah ! verrai-je encor se farder ton visage
D'ombre et de soleil ?

J'ai toujours peur de ce que l'on peut écrire sur Toulet... cela va du "quasi rien" de Curnonsky au pesamment para-universitaire en deux volumes indigestes. Votre texte est remarquable : discret, amoureux de l'oeuvre, complet (j'ignorais la difficile mise en route du ménage final avec Marie Vergon). J'ai quelques fois désespéré de ne pas savoir présenter l'auteur qui m'émeut le plus - et jusque dans ses collaborations Willy - à des amis, gens de goût au demeurant, mais qui me répondaient aimablement "Oui, c'est pas mal!". Et non ! c'est tout autre chose et vous l'avez fort bien montré par vos choix.

Félicitations à Jean-Louis Guitard pour son remarquable article sur Toulet : très informé et écrit dans un style particulièrement vivant et naturel (ça aurait plu à Léautaud et à Brassens). Si je n'y ai pas appris que Toulet était un grand poète parce que j'en étais convaincu d'avance, j'ai en revanche appris sur sa vie que je connaissais mal. Du coup j'ai rouvert les Contrerimes, et une fois refermées, comme je le fais assez souvent, je me suis récité de mémoire "Dans Arle..." en m'arrêtant comme toujours un moment sur le deuxième vers : ce "Quand l'ombre est rouge, sous les roses" est un pur bijou d'encre et de papier qui a l'avantage sur les pierres précieuses de briller pour l'intériorité et pas pour l'extérieur. Merci. Bien cordialement, Jean-François Mathé

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