La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »
Montaigne
Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, sa liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.
Atieh Attarzadeh
Tailler la pierre
Tu as été dessiné par une femme primitive sur les parois des grottes d’Altamira
À côté des saillies d’une gorge
Tu as été gravé par une femme primitive à côté des traces de loups morts
Avec l’os facial d’un homme qui comprenait le langage des aigles décapités
Et avec la cendre de grands chênes
Elle t’a dessiné de lumière, d’os et de bigarade
Avec des flocons de neige fondue sur le cou
Toute chose prend vie dans l’eau
Moi par une goutte de sang tombée de ta main sur la pierre
Autour de ta tête, elle a gravé un paradis avec un triste épouvantail
Tes yeux tournés vers le ciel
Tes lèvres pour dire « Tes pas seront des semences »*
Près des vaches qui allaitent les oliviers abattus
Tu es un peu plus étrange que Dieu
Et quand tu marches la Terre s’incline un peu sur la droite
Juste un peu à l’est du firmament violet
Quand tu marches
Une pierre millénaire se transforme en eau dans ma gorge
Tu as été dessiné par une femme primitive sur les parois des grottes d’Altamira.
*Adonis, Le poème de Babel dans Toucher la lumière
In Je respire sous la pierre, © Bruno Doucey, 2024
Internet
-
Maison de la poésie | Atieh Attarzadeh
Contribution de PPierre Kobel
Commentaires